LA DÉCLA DU CSE : Rémunérations, actionnaires et avenir du travail


Le 19 mai 2026 se tenait le rendez-vous annuel et obligatoire des actionnaires du groupe Orange.

Nous espérons que vous étiez toutes et tous présent·es hier à déguster quelques petits fours lors de cette grand-messe annuelle des actionnaires, où il était notamment proposé de voter la substantielle augmentation de notre Directrice Générale.

Nous trouvons particulièrement indécent, surtout dans la période que nous traversons, de voir proposer à la validation des actionnaires une augmentation de 11 % de son salaire fixe alors que, dans le même temps, les salarié·es qui produisent la richesse de l’entreprise ont perçu une augmentation moyenne de 1,6 %.

Lorsque les salarié·es ont découvert leur notification d’augmentation remise par leur management, beaucoup ont pu mesurer l’écart abyssal entre ce qui leur est accordé et ce qui est proposé au sommet de l’entreprise.

Nous ne remettons pas en cause le principe d’une rémunération conséquente de la Directrice Générale. Ce que nous dénonçons, c’est l’écart devenu indécent entre le salaire médian des salarié·es d’Orange hors variable et actions gratuites et celui de la DG, de près de 20 fois supérieur.

Enfin, les actionnaires étaient également invité·es à voter l’attribution de 120 000 actions gratuites sur trois ans, soit 40 000 actions par an. Cela représente, à ce jour, environ 750 000 euros par an, soit près de 75 % de sa rémunération fixe. Une nouvelle démonstration que l’actionnariat est décidément encouragé pour certain·es… mais beaucoup moins pour les salarié·es de l’entreprise.

Les réorganisations, les choix stratégiques de l’entreprise ou encore les orientations politiques et économiques nationales ont souvent des conséquences directes sur les salarié·es et sur nos activités. Il est donc légitime que ces sujets puissent être évoqués dans nos échanges.

Ces sujets, qui touchent directement au partage des richesses, à la reconnaissance du travail et à la place des salarié·es dans l’entreprise, méritent naturellement d’être débattus dans cette instance.

Les réorganisations, les choix stratégiques de l’entreprise ou encore les orientations politiques et économiques nationales entraînent souvent des conséquences directes sur les salarié·es et sur nos activités. Il est donc légitime que ces sujets puissent être évoqués en CSE.

Pendant ce temps, les salarié·es, continuent d’entendre parler de transformation, d’agilité, d’efficience et désormais d’intelligence artificielle.

Sur ce dernier sujet justement, SUD considère qu’il est indispensable que le CSE puisse pleinement jouer son rôle. L’introduction des nouvelles technologies et de l’IA dans nos métiers entraînera des conséquences majeures sur l’emploi, les compétences, l’organisation du travail, les conditions de travail et le sens même de nos activités.

Ces questions ne peuvent pas être traitées uniquement à travers quelques communications descendantes ou présentations marketing. Elles nécessitent de véritables débats, transparents et approfondis, au sein de cette noble assemblée.

Parce que derrière les effets d’annonce technologiques, ce sont encore et toujours les salarié·es qui devront absorber les réorganisations, les changements d’outils, les gains de productivité exigés et les impacts sur leur quotidien de travail.

SUD continuera donc d’exiger que ces sujets soient pleinement portés à l’ordre du jour et débattus sérieusement en séance. Comme le dit Vincent Lecerf : « cette transformation ne tient que si elle est dialoguée, pas imposée ».

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Edito  CSEE 

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