Chaque année, Orange nous présente son Plan Schéma Directeur Immobilier (PSDI), avec ses objectifs habituels : améliorer les environnements de travail, optimiser la performance des immeubles et renforcer les engagements environnementaux et sociétaux du Groupe. Sur le papier, tout semble parfait. Mais entre les ambitions affichées et la réalité vécue au quotidien par les salarié·es, le décalage reste important.
Des bâtiments modernes, mais des conditions de travail qui se dégradent
Personne ne conteste nécessairement la qualité architecturale ou technique des nouveaux bâtiments. Mais un bel immeuble ne garantit pas de bonnes conditions de travail. Dans la pratique, trouver un poste disponible certains jours relève parfois du parcours du combattant. Les salles de réunion sont saturées, obligeant parfois les équipes à tenir leurs réunions directement sur les plateaux. Quant aux espaces de restauration, souvent surchargés et bruyants, ils ne permettent pas toujours de profiter d’une véritable pause méridienne.
À cela s’ajoute l’éloignement de certains sites des lieux de vie des salarié·es et les difficultés d’accès aux transports. Le site Gardens, par exemple, se trouve à une quinzaine de minutes à pied du métro. Une contrainte supplémentaire que les salarié·es doivent intégrer à leur quotidien.
Des économies pour Orange, des coûts pour les salarié·es
Derrière l’objectif d’optimisation de la performance immobilière se cache une réalité plus préoccupante : la recherche d’économies se fait trop souvent au détriment des conditions de travail et de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
En réduisant le nombre de sites et en éloignant les implantations, Orange réalise des économies immobilières. Mais ces économies ne disparaissent pas : une partie des coûts est simplement transférée vers les salarié·es. Le recours accru au télétravail devient alors une réponse aux contraintes créées par la politique immobilière elle-même, avec des frais supplémentaires à la charge des personnels.
Nous nous interrogeons également sur la stratégie patrimoniale du Groupe, alors que nous sommes locataires sur la quasi-totalité des sites. Quelle est réellement la vision à long terme d’Orange concernant son patrimoine immobilier ?
La RSE ne doit pas être qu’une vitrine
Les présentations immobilières accordent une place importante aux engagements environnementaux et sociétaux. Mais là encore, les actes doivent être à la hauteur des discours.
Comment parler de responsabilité environnementale tout en transférant une partie des dépenses énergétiques vers les domiciles des salarié·es ? L’accord sur le télétravail n’a pas été révisé et la participation financière d’Orange aux frais liés au télétravail n’a pas évolué depuis 2013, malgré l’augmentation des factures d’énergie. Une situation qui mérite d’être sérieusement remise à plat. Pour Orange, le bilan est plutôt confortable : moins de bureaux à chauffer et à entretenir, tandis qu’une partie de la facture est supportée par les salarié·es.
La fermeture ponctuelle de sites, notamment pendant les fêtes de fin d’année ou lors des semaines comportant des jours fériés, participe également à cette logique d’économies. La fermeture de Gardens les 12 et 13, annoncée sans véritable concertation, en est une illustration. Mais réduire l’empreinte carbone des bâtiments ne suffit pas à établir un bilan environnemental cohérent. Il faut aussi intégrer les consommations énergétiques supplémentaires au domicile liées au télétravail : c’est ce que l’on appelle l’effet rebond.
Et demain, quel site sera sacrifié ?
Enfin, nous avons rappelé notre vigilance face aux annonces immobilières qui peuvent surgir en cours d’année, parfois sans avoir été anticipées dans le PSDI présenté aux représentant·es du personnel.
Un plan directeur immobilier devrait justement permettre d’avoir une vision claire et transparente de la stratégie du Groupe. Il ne peut pas se limiter à une présentation annuelle rassurante, suivie quelques mois plus tard d’annonces de déménagement ou de fermeture que personne n’avait vu venir.
Pour SUD, la politique immobilière ne peut pas se résumer à une équation comptable. Les bâtiments sont avant tout des lieux de travail et de vie collective. Leur organisation doit répondre aux besoins des salarié·es, garantir de bonnes conditions de travail et respecter leur équilibre de vie. Les économies d’Orange ne doivent pas se construire sur le dos des personnels.
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